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Matinale : Quelles pratiques et équipements sportifs dans la ville ?

20/05/2019
Les équipements sportifs sont au cœur des stratégies des collectivités. Dans un contexte d’évolution de l’organisation territoriale, et en particulier de montée en puissance des responsabilités et compétences des collectivités, ils représentent un élément-clef de leur attractivité, tant ils influent sur la qualité de vie de leurs habitants. Encore faut-il que ces infrastructures soient en phase, non seulement avec les attentes des Français en termes de pratique sportive, mais aussi avec les nouvelles problématiques posées par la digitalisation notamment.

 

Stade Jean Bouin, mardi 14 mai, 8h. Après s’être réveillés aux aurores, les intervenants et participants à la matinale se sont rapidement installés, impatients de pouvoir participer au débat qui s’est révélé riche en enseignements.

Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime et président de l’Association des petites villes de France, Nadine Rollet, directrice commerciale de Proludic, Jean-Paul Omeyer vice-président de l’Agence Nationale de Sport et vice-président de l’Association des Régions de France, et l’ensemble des intervenants, start-ups, associations, fédérations, ont pu, chacun, livrer leur éclairage sur l’enjeu que représentent les équipements sportifs dans nos territoires.

 

Le sport, une politique publique à part entière

Longtemps, les équipements sportifs ont été relégués au dernier rang des priorités des collectivités territoriales. Le début du siècle a vu naître un nouveau paradigme, mis en avant par Jean-Paul Omeyer : les installations sportives ne sont plus considérées comme de simples subventions, mais comme des investissements sources d’attractivité pour les territoires. Les communes cherchent aujourd’hui plus que jamais à innover et à s’équiper d’installations toujours plus modernes et répondant aux attentes de leurs habitants.

Christophe Bouillon a illustré ce phénomène par l’exemple de la lutte contre les déserts médicaux : selon lui, la présence d’équipements sportifs participe à la qualité de vie des habitants sur un territoire donné, et constitue alors un élément important d’attractivité pour inciter des praticiens à s’y implanter. Pour qu’ils restent attractifs, il est nécessaire de considérer la vétusté des équipements pour la qualité de la pratique selon Raphaël Janelli (Ministère des Sports), malheuresement la méthodologie du RES (Recensement des Equipements Sportifs) n'est pas adaptée aujourd'hui, le ministère réflechit à une évolution. La réduction de leur coût énergétique est également au cœur des préoccupations des collectivités.

Le sport est donc devenu une politique publique à part entière. La récente création du label « Ville active et sportive » est une nouvelle incitation à le placer au cœur du processus de réaménagement des communes. Nadine Rollet a tenu à insister sur l’importance de l'implantation et de l'environnement d'un équipement sportif, rappelant qu’un très beau projet peut aussi être un fiasco, si l'emplacement est difficile d'accès, ou s'il ne dispose pas de facilités de stationnement notamment avec l’émergence des nouvelles formes de mobilités actives.

 

 

Les équipements sportifs face à de nouveaux enjeux

La révolution du digital, soulignée par Nicolas Kyriasis (directeur national de Casal Sport), a bouleversé les pratiques sportives. Pour répondre à ces nouveaux besoins, les professionnels du secteur tels que les fédérations ou les start-ups redoublent d’inventivité pour innover. Nathalie Huet (Membre du conseil d’administration de la Fédération Française de Badminton) a fait part du projet « Air Badminton » : création de terrain en plein air accompagné de nouveaux volants adaptés à l’activité extérieure.

La digitalisation a fait croître l’appétence des Français pour une pratique de plus en plus libre. Nadine Rollet a souligné que cette numérisation du sport à l’échelle du territoire permettait de faire le lien entre les différences de pratiques. La start-up We Foot, représentée à la matinale par son co-fondateur Armand d’Harcourt, a notamment créé une application mobile facilitant l’organisation de parties de football entre pratiquants libres. On considère aujourd’hui que deux tiers des sportifs pratiquent sans être inscrits à une association et qu’ils sont de plus en plus nombreux à être actifs dans les espaces en accès libres. Nathalie Huet a précisé par ailleurs que la progression de la pratique sportive libre n’avait en rien atténué leur goût pour la compétition ni leur souhait d’être accompagné dans leur pratique.

Cette matinale a finalement mis en exergue le fait que le sport était en pleine mutation, dans sa pratique et dans sa consommation. Les comportements évoluent ; les motivations changent ; les pratiques également. Les équipements sportifs, afin de répondre à ces nouveaux besoins, doivent impérativement se réinventer. Or, dans ce processus de démocratisation du sport : acteurs marchands, institutions, associations, collectivités, et Etat, sont tous essentiels et complémentaires. Cette matinale a témoigné de leur volonté de réfléchir ensemble afin d’apporter les solutions les plus adaptées à ces nouveaux enjeux.

 

 

L’enjeu social du sport

Le sport est un vecteur-clé de lien social. Certaines collectivités l’ont bien compris et ont mis l’installation d’infrastructures sportives au cœur de leurs stratégies de requalification de certains quartiers.

Afin de créer d’authentiques lieux de vie, il est impératif de les rendre accessibles à tous, tout au long de la vie. Nadine Rollet a rappelé l’importance de l’initiation au sport dès le plus jeune âge, qui passe d’abord par le jeu. Les aires de jeux ont alors un rôle central dans l’incitation des plus jeunes à pratiquer une activité physique et sportive, et pourraient être considérées comme les premiers équipements sportifs. Christophe Bouillon, quant à lui, a insisté sur la nécessité de rendre ces équipements accessibles aux seniors, afin de répondre au vieillissement de la population et d’inciter la pratique sportive familiale et intergénérationnelle.

Un équipement sportif bien réalisé doit également intégrer la dimension de la mixité femmes/hommes. Hugo Beguerie (responsable de programmes de l’ONG Play 4 International) s’est alarmé sur la faible présence des filles sur les « city stades » notamment. Il a également souligné que les terrains dans les cours de récréations étaient toujours occupés par les garçons, écartant les filles aux abords de la cour. Selon lui, une présence humaine est nécessaire pour inciter à dépasser les préjugés sexistes et encourager une fréquentation mixte des équipements sportifs.

 

 

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