Les ministres Nicolas Hulot (Transition écologique et solidaire) et Elisabeth Borne (Transports) vendredi. (Sipa Press)

LE PLAN VELO : REPORTER POUR MIEUX SAUTER ?

20 juil. 2018
Les ministres Nicolas Hulot et Elisabeth Borne ont présenté ce matin les premières mesures de la loi d’orientation pour les mobilités (LOM), en faveur de la mobilité propre et la qualité de l’air. Pourtant, le Plan vélo est (encore) remis à plus tard.

Annoncé lors de la clôture des Assises de la mobilité en décembre 2017, le Plan vélo a été salué par l’UNION sport & cycle. En tant qu’entreprises de la filière économique du sport, des loisirs, du cycle et de la mobilité active, nous plaidons pour la mise en œuvre d’une stratégie nationale, inscrite dans la durée, en faveur de la promotion de l’utilisation du vélo comme moyen de déplacement au quotidien, à l’instar de nombreux voisins européens.

Nous soulignons l’importance des mesures annoncées par le Gouvernement, en faveur d’infrastructures sécurisées (pistes cyclables, parkings, etc.), de mesures incitatives notamment pour les trajets domicile-travail, et de projets comme le lancement d’un appel à programmes dans le cadre des certificats d’économie d’énergie. Néanmoins, force est de constater que ces mesures restent à ce jour à l’état de bonnes intentions et que le flou persiste sur le financement des mesures et sur l’engagement réel de l’Etat aux côtés des collectivités pour développer un plan vélo aussi ambitieux qu’annoncé. 

Le plan vélo, un outil d’aménagement du territoire

Bien plus que de nouvelles dépenses, la mise en place d’un plan vélo est un véritable investissement pour l’avenir. Le Conseil d’orientation des infrastructures préconise une enveloppe financière de 350 millions d’euros sur 4 ans pour favoriser le déploiement d’infrastructures dédiées avec des voies cyclables. Les usagers (la FUB – fédération des usagers de bicyclettes) estiment à 200 millions par an pendant 4 ans l’investissement minimal nécessaire. Les gains en termes de santé publique, de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution des centres urbains, de mobilité des personnes et notamment des demandeurs d’emplois, s’ils sont difficilement quantifiables, doivent être évalués et pris en compte.

« Il est temps de passer à l’action. Ces reports consécutifs ne sont pas bons signes. Pour être crédible, une politique nationale en faveur du vélo doit en effet mobiliser des moyens financiers propres afin de mettre en œuvre les actions préconisées et soutenir les collectivités territoriales. Il n’y a qu’un projet de loi de finances par an  donc il ne faut pas manquer le coche, septembre est déjà une date tardive », déclare Jérôme Valentin, Président de l’UNION sport et cycle et Président de Cycleurope.

Des entreprises responsables

Le vélo représente environ 35.000 emplois sur le territoire. Le seul secteur de l’industrie et du commerce de cycles représente plus de 10.000 emplois. Ces emplois sont non délocalisables et dynamisent le développement économique des territoires.

Le marché porte également l’innovation de service dans le domaine du vélo et des mobilités actives. Ainsi, le VAE (vélo à assistance électrique) devient une solution de mobilité accessible à tous. Près de 255.000 VAE ont été vendus durant l’exercice 2017, soit deux fois plus que l’année précédente.  Mais le VAE représente en France moins de 10 % des volumes vendus, contre 45 % en Belgique et 19 % en Allemagne.

« Le VAE et les micro-mobilités électriques sont de formidables outils pour lutter contre la pollution et préserver sa santé. Mais ces engins de déplacement posent également de nouveaux défis, que les entreprises ont décidé d’adresser dès maintenant. C'est la raison pour laquelle l’UNION sport & cycle s’est rapprochée de COREPILE, l’éco-organisme leader en France pour la collecte et le recyclage des piles et petites batteries afin de bénéficier de son expertise et d’assurer un recyclage efficace et sécurisé des batteries de VAE. Aujourd’hui, ce sont déjà 10 tonnes récoltées » souligne André Ghestem, Président de la commission cycle et mobilité active de l’UNION sport et cycle et Président de Shimano France.

Une filière économique engagée pour le développement de la pratique du vélo

Les entreprises de la filière sont engagées dans le processus de travail avec les ministères en charge, aux côtés des associations d’usagers, ONG et élus depuis le lancement des Assises de la mobilité en septembre 2017.

« Les entreprises sont engagées pour le développement du vélo. Ainsi, nous savons qu’un des freins premiers à la pratique est le vol, c’est pourquoi nous travaillons avec les ministères des transports et de l’intérieur sur le plan de lutte contre le vol et le recel de vélo. C’est une contribution qui va peser sur les entreprises, aussi il faut que ce type de mesures soient accompagnées d’un engagement clair de l’Etat pour le développement des infrastructures et des incitations à la pratique du vélo » précise Denis Briscadieu, vice-président de la commission cycle et mobilité active de l’UNION sport et cycle et Président de Cyclelab.

L’UNION sport et cycle plaide pour la mise en place de mesures concrètes, qui créeront les conditions nécessaires pour donner rapidement toute leur place aux mobilités actives et douces dans nos territoires. La ministre Elisabeth Borne souligne la nécessité de tripler la part modale du vélo dans les déplacements des Français, de 2,7 % aujourd’hui à 9 % en 2024.

En tant que syndicat de la filière du sport, des loisirs, du cycle et de la mobilité active, nous serons particulièrement attentifs à ce que ces mesures, qui participent à l’objectif de promotion du vélo et des mobilités actives et à la mise en activité de 3 millions de Français que nous espérons commun, soient accompagnées d’un investissement fort et significatif de l’Etat, comme cela a été annoncé depuis plusieurs mois.

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