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18/10/2023  |  Observatoire

Jour d'enchères pour les droits TV du foot français

Y aura-t-il match pour atteindre le milliard tant convoité ? La Ligue de football professionnel (LFP) et les clubs français devraient être fixés ce mardi 17 octobre 2023 sur l’identité des candidats aux enchères pour les droits de diffusion à la télévision de la Ligue 1.

L’objectif du milliard d’euros par an pour le total des droits domestiques et à l’étranger sur la période 2024 à 2029, fixé cet été par le président de la LFP Vincent Labrune, s’est matérialisé par une mise à prix à 800 millions d’euros par saison pour les seuls droits domestiques lors de l’ouverture de l’appel d’offres. Celui concernant les droits à l’international a été lancé le 6 octobre avec une date butoir le 2 novembre.

En fait, rien ne dit que la Ligue aura ce mardi devant elle un ou plusieurs candidats pour chacun des deux lots principaux de la Ligue 1 : 530 millions d’euros annuels en prix de réserve pour le premier contenant les deux plus belles affiches et le choix 4 de chaque journée ; 270 millions d’euros pour le second qui comprend les six autres matches. Trois autres lots comprennent les magazines de week-end ou de semaine. D’abord parce que le saut est conséquent par rapport au précédent montant, qui rapportait 624 millions d’euros annuels.

Mais aussi parce que le partenaire historique Canal+ a annoncé à la LFP, dans une lettre de son patron Maxime Saada le 25 septembre dernier, qu’il ne participerait pas aux enchères. Les conditions de cette consultation “ont achevé de nous convaincre que votre seul objectif était d’en écarter Canal+ et de favoriser Amazon”, a écrit Maxime Saada dans le courrier révélé par L’Equipe. “Vous n’avez eu de cesse de pénaliser Canal+”, a-t-il assuré.

Sans Canal+

Un passif existe entre le président du directoire du groupe Canal+ et Vincent Labrune. En effet, la chaîne cryptée s’est sentie lésée après la faillite du diffuseur Mediapro en octobre 2020 car elle estimait que le lot de deux matches par journée qu’elle détenait, payé 332 millions d’euros, était désormais surévalué par rapport aux 250 millions payés par Prime Video pour l’acquisition des huit autres matches (aujourd’hui sept) repris à l’entreprise espagnole défaillante. Canal+ avait poursuivi devant la justice la LFP, en vain.

Répondant à la lettre, les dirigeants de la Ligue de football professionnel ont “regretté” la décision de Canal+ et dénoncé des “affirmations ou insinuations (…) d’une particulière gravité”. La LFP a aussi certifié “une transparence maximale à tous les candidats” et “l’intégrité du processus”. Cette atmosphère de défiance n’est évidemment pas idéale pour la réussite de l’appel d’offres.

Les droits de diffusion atteignent toujours des montants plus élevés quand les candidats se bousculent au portillon. Sans Canal+, c’est un acteur de poids qui disparaît de l’équation. Toutefois, comme lors des précédentes opérations, la LFP compte sur l’arrivée d’autres acteurs. En premier lieu sur Amazon et son service de streaming Prime Vidéo, actuel principal détenteur des droits TV. Le retour de Bein Sports, qui pendant une partie des années 2010 a occupé ce rôle, est aussi espéré.

Vers du gré à gré ?

Il y a surtout le nouveau venu : DAZN. La plateforme mondiale de streaming sportif a annoncé qu’elle participerait a priori aux enchères, estimant même qu’elle serait “le meilleur choix”. L’opérateur basé en Grande-Bretagne vise détient déjà les droits du football italien, espagnol, allemand et belge : il compte compléter son portefeuille européen.

Enfin, parmi les potentiels mirages d’autres gros investisseurs figure Apple, qui s’est offert le Championnat nord-américain (MLS) pour dix saisons. Rien n’indique à ce stade que la Ligue 1 intéresse le puissant groupe américain et multinational.

Le feuilleton pourrait s’étirer au-delà de la journée d’enchères de mardi, si la LFP ne reçoit pas les offres escomptées. Un scénario plausible pour beaucoup d’observateur. S’ouvriraient alors des négociations de gré à gré. Une source proche de la direction de la Ligue, mi-septembre, s’était montrée plutôt sereine face à cette éventualité, soulignant que cette étape pourrait marquer le retour de Canal+. (Avec AFP)

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