keyboard_arrow_up
24/04/2026  |  Sport et Loisirs

Observatoire du cycle : les chiffres

Un marché qui résiste mieux qu’attendu, et une pratique en hausse

L’UNION des entreprises sport & cycle (UESC) a présenté vendredi 24 avril la 27ème édition de l’Observatoire du Cycle au salon Vélo In Paris (Parc Floral de Paris) devant les principales marques et distributeurs de la filière. Voici les principaux chiffres et enseignements de cette édition 2025. 

Introduction

Le marché du vélo en France est à un tournant. L’état des lieux dressé par cet observatoire témoigne de plusieurs tendances incitant autant à la vigilance qu’au suivi de perspectives encourageantes. Le marché recule de 4,8% depuis 2024 pour représenter 3,11 milliards d’euros. 1 836 000 vélos ont été vendus, soit une diminution de 6 % sur un an. Cette contraction s’explique en grande partie par un contexte économique incertain, qui incite les consommateurs à reporter leurs achats, notamment de vélos neufs. 

Face à ces chiffres, la vente de pièces et accessoires est en légère hausse (+0,3%), tandis que la réparation enregistre une impressionnante progression de 10,5%. 

L’électrification en panne

Le marché en valeur se contracte mais reste au-dessus de son niveau d’avant Covid (+23% depuis 2019). Si les vélos à assistance électrique (VAE) représentent toujours plus de la moitié du marché en valeur, leurs ventes enregistrent une baisse de - 16% entre 2024 et 2025. 

La tendance gravel se confirme

Dans un contexte compliqué, certaines catégories de vélos dits classiques semblent aujourd’hui tirer le marché, portés par les vélos enfants - +2% après 12 années consécutives de baisse - et surtout les gravels - à mi-chemin entre le vélo de route et le VTT. Cette catégorie enregistre 75 000 ventes en 2025, soit une croissance de 18% par rapport à l'an dernier (en 2019, le segment était de 3 700 vélos vendus). Des signaux qui apparaissent comme des bouffées d’air pour le secteur. 

Nouveaux usages

L’étude met en lumière une montée en puissance de la réparation de vélos qui se traduit par deux indicateurs chez les professionnels :

  • un chiffre d’affaires de 128 millions d’euros, en hausse de 15 millions depuis 2024 
  • un nombre d’opérations en hausse également (+ 53% depuis 2019, +5% depuis 2024) Cette activité croissante - sans doute favorisée par les aides à la réparation - apparaît comme un vrai enjeu pour les professionnels dont le nombre ne cesse d’ailleurs de croître. 

La seconde main - hors vente directe entre consommateurs - enregistre quant à elle une hausse de +14% depuis 2024 chez les reconditionneurs et les revendeurs. 

La location longue durée (LLD) et le leasing employeur apparaissent eux aussi comme des opportunités à saisir, tant pour les usagers que pour les professionnels. L’UESC rappelle notamment que le leasing employeur représente déjà 2,2 millions de vélos en Allemagne, contre 55 000 en France). 

La production en France rebondit

La production de vélos en France est remontée à +3,4% (512 000 unités) en un an, portée notamment par les vélos classiques et les VAE. Les vélos cargo représentent désormais 2% de la production. 

80% des importations sont intra-européennes, et la Chine ne représente que 3,5% (80 000 vélos), même si l’UESC affirme être conscient que ce chiffre est en réalité plus élevé, car une partie contourne les droits anti dumping en transitant par d’autres pays européens. 

L’UESC a d’ailleurs réaffirmé son combat contre les faux-vélos, notamment les fat-bikes à gachette - qui représentent un danger pour les usagers ainsi qu’une concurrence déloyale en s’affranchissant notamment des obligations normatives françaises. 8% des VAE vendus aujourd’hui ne sont pas aux normes, et 94% d’entre eux sont des fat-bikes. 

Constat et perspectives

La présentation s’est terminée par une table-ronde réunissant adhérents et un parlementaire. Amélie GUICHENEY (groupe Gaya) a rappelé que le climat est tendu et incertain, mais que les usages sont encourageants. Elle a rappelé que “la filière est spécifique car elle a du sens et représente des passionnés de sport, et les convaincus de l’impact sociétal de l’usage du vélo”. Mathieu ARRAMBOURG, DG de Shimano France, a 

rappelé que, dans cette période difficile, le groupe est proche de tous ses revendeurs : “on porte un vrai rôle de partenariat et d’accompagnement, c’est un rôle gagnant-gagnant avec nos 3000 clients français”. 

Adriana MAZOYER, Chef de marché cycle Mondovélo, a expliqué “dans une situation très complexe, il faut faire des choix rationnels et retravailler l’offre. Les magasins proposent davantage d’animations, de sorties vélo, et doivent offrir vulgarisation ou expertise selon les clients”. 

Le député Guillaume GOUFFIER-VALENTE a dénoncé “le décrochage incompréhensible des pouvoirs publics” face aux enjeux que représente le vélo. Un manquement d’autant plus regrettable que “l’on constate plus de monde sur les pistes cyclables, une plus grosse fréquentation des parkings à vélo…. et ce désormais toute l’année”. 

Pour Patrick GUINARD, Président de la Commission Cycle, « le secteur fait face à des difficultés, mais dispose aussi de forces et montre des signes encourageants pour 2026. » 

Pour Denis BRISCADIEU, vice-président de la commission, « les besoins des usagers changent, notamment ceux des métropolitains. Autant d’enjeux auxquels il faudra répondre que d’opportunités à saisir ». 

A voir également