10 ans de l’UNION des Entreprises sport et cycle
Mardi 16 juin avait lieu au Trocadéro le congrès annuel de l’UESC. Dirigeants d’entreprises, décideurs économiques, représentants institutionnels et acteurs du sport ont célébré les 10 années d’existence et les accomplissements de l’UNION, tout en rappelant l’importance de parler d’une seule voix autour des enjeux à venir.
Paris, le 18 juin 2026 - « Parler d’une seule voix, et d’une voix forte » : c’est par ces mots que le Président de l’UESC Gregory de Radigues a ouvert le congrès de l’UESC, rappelant les missions que mène depuis 10 ans le syndicat professionnel : promouvoir l’activité physique et sportive et défendre les intérêts des entreprises privées auprès des institutions publiques.
Il a ainsi rappelé quelques-unes des nombreuses actions portées, comme celle pour l'assujettissement des établissements de Loisirs Sportifs Marchands à un taux réduit de TVA de 10%, et ses accomplissements comme l'organisation de la tournée Le Sport Est Essentiel, la reconnaissance de sa représentativité patronale dans la “branche du sport” ou encore le déploiement de délégations régionales. > Lire : ’l’UESC en 8 dates-clé
10 ans après sa création, l’UESC fédère 3 500 entreprises représentant plus de 3 000 points de vente, 500 marques, plus de 2 500 établissements sportifs, 100 000 salariés, et 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé.
La Ministre des Sports Marina Ferrari a tenu à « remercier toutes celles et ceux […] qui contribuent à cette dynamique. Nous avons besoin de chacune et de chacun d'entre vous et parce que nous portons une conviction commune – celle qu’une véritable culture du sport est nécessaire - vous pouvez aussi compter sur moi ».
Le Délégué général de l’UESC Virgile Caillet a rappelé que le sport est ancré chez les Français, dont 60% pratiquent régulièrement une activité physique et sportive. Il a également rappelé que le sport n’est pas un coût mais un investissement et que chaque euro dépensé dans ce domaine permet de réaliser 13 euros de gains socio-économiques pour la collectivité. Il a en outre donné des éléments macro-économiques de la place du marché du sport en 10 ans : + 4,7 milliard d’euros, 2800 nouveaux clubs de fitness (salles, boxe, studio), 67 000 nouveaux équipements sportifs commandés par les collectivités.
Si certains secteurs comme le cyclisme « affrontent actuellement des vents de face », il faut aussi y voir des signes positifs comme les +5% de fréquence d’utilisation du cycle en un an (+ 47% entre 2019 et 2025). Malgré tout, la concurrence déloyale de concurrents étrangers s’affranchissant des normes françaises – à commencer par les fat-bikes asiatiques – représente à la fois une menace à la fois pour les utilisateurs et pour la filière française.
Cette réalité illustrait d’ailleurs le thème du jour : « face au nouveau désordre mondial, quelles réponses pour une France et une Europe souveraines et compétitives ». Patrick MARTIN, le Président du MEDEF, a posé un constat et une solution : « Dans les échanges modernes, les règles du jeu sont inégales et l’Europe se décale. Nous sommes pour l’équité, pour la concurrence. Mais il faut à un moment donné être lucide, et surtout courageux. Il faut savoir dire non ». Une position reprise par le Président de la CPME Amir REZA-TOFIGHI : « le constat est qu’on est arrivés au bout d’un modèle d’après-guerre, dépassé. Il faut défendre nos entreprises avant celles du reste du Monde. Et il faut leur redonner confiance en leur offrant de la lisibilité et des perspectives. Les entrepreneurs sont les réponses à tous les maux du pays. »
Pour l’entrepreneuse Emmanuelle DUEZ, « le travail est malade, mais il est un vrai enjeu de souveraineté. […] Et la donne du travail a changé ». Insistant sur la perte d’engagement des salariés (+ 41% d’absentéisme entre 2015 et 2024 – 45% de salariés en détresse psychologique), l’administratrice d’entreprises, et réserviste de la Marine, a rappelé la définition que les forces spéciales avaient de l’engagement : « donner du sens à ses valeurs au risque de perdre quelque chose » et insisté sur la nécessité de se pencher sur cet aspect décisif pour les entreprises car « la donne économique du travail a changé ».
Le sport, une solution dans une société sous tension
Marie Cécile TARDIEU, directrice Générale de l’Agence Nationale du Sport, a salué l’efficacité de l’UESC et considéré que « les enjeux géopolitiques actuels peuvent créer des opportunités et offrir des changements de vision, des remises en question de nos objectifs ».
Joël BRUNEAU, député du Calvados, a fait un rappel important : « le sport est un des derniers endroits où l’on arrive à faire de la mixité sociale, et il crée un vrai sentiment d’appartenance commune ». L'ancien maire de Caen rappelle que « l’économie du sport est une vraie économie » et souligne en outre l’intérêt de « décloisonner les investissements publics et privés pour promouvoir l’activité physique et sportive, et que « la réponse décentralisée a beaucoup de sens dans la sphère sportive ».
Les enjeux économiques et sociaux des entreprises de la filière Sport & Cycle du sport
L’événement a également porté sur l’impact du contexte international instable, qui pousse les entreprises françaises à s’adapter pour garder le cap. Pour Michel Zany, Président de Cornilleau, « les droits de douane de Trump, les taux de change etc. sont devenus une normalité, qui nous pousse à devenir plus agile. Mêmes enseignements pour Olivier ESTEVES, PDG du groupe Abeo (Gymnova…) chez qui on incite à développer l’agilité, mais aussi à prendre davantage de risques, rappelant que « le plus gros risque, c‘est de ne pas en prendre ». Les deux chefs d’entreprise ont aussi souligné le besoin constant d’innover, d’identifier les tendances porteuses et de se diversifier. La création de nouveaux produits et de nouveaux segments de marché représente aujourd’hui 10% du chiffre d’affaires chez Cornilleau comme chez Abeo. Gérard LECLERC, Président d’Intersport, estime que « l’assortiment des produits, les marques et surtout l’accessibilité par les prix reste une priorité ». William PERRIER, VP Accell group Sud Europe, rappelle quant à lui que « la valeur produit passe par l’innovation, mais qu’il faut faire en sorte que le marché soit le même pour tout le monde ».
Le ministre des TPE-PME, du commerce et du tourisme Serge PAPIN, a conclu ce congrès par ces mots : « vous représentez une force, que vous mettez au sein du collectif. Et vous ne venez pas avec des problèmes, mais avec des solutions. Vous connaissez vos marchés, vos clients, vos territoires. Vous êtes un atout précieux ».
Un sens du collectif sans doute inspiré par celui des Bleus, dont les invités de la soirée des 10 ans de l’UESC ont pu suivre le match d’ouverture du Mondial sur grand écran, à quelques dizaines de mètres de la Tour Eiffel. Une présence majestueuse, scintillante, rassurante, dont le faisceau du phare portait au loin : autant de symboles forts faisant écho au rôle de l’UESC, et aux dix années à venir.